Deux villes, chapitre 1 : photo du chapitre
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Deux villes, chapitre 1 : le lien

Deux villes · chapitre 1 · fiction

Le premier soir après son déménagement à Toronto, Léa n’a pas défait ses boîtes. Elle s’est assise par terre, dos au lit, le téléphone sur les genoux, et elle a attendu que Sam, resté à Montréal, finisse son quart de travail.

Le lit, c’était un matelas nu. Les draps dormaient quelque part dans une boîte marquée CHAMBRE, en majuscules, de l’écriture de Sam, sous trois autres marquées CUISINE. Le calorifère cliquetait sans chauffer, et un tramway passait en grinçant dans la rue toutes les cinq minutes, si près que la fenêtre vibrait.

« Tu es où ? » a-t-il écrit à 22 h 40.

« Dans une chambre qui sent la peinture. Et toi ? »

« Dans notre lit. Qui est beaucoup trop grand. »

Ils avaient promis de ne pas faire de drame. Huit mois, un contrat, puis elle reviendrait. Mais huit mois, c’est long quand on a pris l’habitude de dormir la main sur la hanche de l’autre.

D’habitude, c’était sa main à lui. Chaude, lourde, avec le pouce qui bougeait un peu dans son sommeil, comme s’il vérifiait qu’elle était encore là. La nuit d’avant, pour la première fois en quatre ans, elle s’était couchée sans, et elle était restée les yeux ouverts, sa propre main posée sur sa hanche, à se trouver ridicule.

La veille de son départ, Sam lui avait tendu une petite boîte. Dedans, un œuf rose, minuscule, avec une antenne souple. « Pour que je puisse quand même te trouver », avait-il dit, en rougissant comme s’il avait seize ans.

Elle s’était moquée de lui. Puis elle avait glissé la boîte dans son sac, entre ses chargeurs et sa brosse à dents, et elle y avait pensé pendant toute la route.

Ce soir, elle l’a sorti de la boîte. Elle a lu la notice deux fois, assise en tailleur par terre, à la lumière du téléphone. Puis elle s’est levée. Elle a passé son chandail par-dessus sa tête et l’a laissé tomber sur un pot de peinture. Elle a dégrafé son soutien-gorge, a fait glisser son jean et sa culotte d’un seul geste, les a enjambés, et elle est restée une seconde debout au milieu de la pièce vide, nue, la chair de poule le long des bras, sans personne dans toute la ville qui sache où elle était. C’était moins triste qu’elle l’aurait cru. Ça ressemblait à un secret.

Elle l’a mis. Il était frais une seconde, lisse, et puis il a fait simplement partie d’elle, un petit poids qu’elle sentait dès qu’elle bougeait les hanches. Elle s’est allongée sur le matelas nu, la toile rêche sous ses omoplates, le téléphone tenu au-dessus de son visage. Puis elle a ouvert l’appli et elle a appuyé sur un bouton qu’elle n’avait jamais touché : Envoyer un lien de contrôle.

Trois points de suspension sont apparus, ont disparu, sont revenus.

« Tu es sérieuse ? »

« Essaie. »

La première vibration est arrivée si doucement qu’elle a cru l’avoir imaginée. La deuxième non. Elle a éclaté de rire, seule dans sa chambre vide, et elle a écrit : « Plus lent. Je veux que ça dure jusqu’à minuit. »

Il était 22 h 52.

À Montréal, Sam a posé le téléphone sur l’oreiller à côté de lui, comme si c’était elle.

Son côté de l’oreiller sentait encore son shampoing, un truc à l’amande. Il avait envoyé la couette par terre d’un coup de pied. Il était couché sur le dos dans le noir, vêtu seulement de la lumière bleue de l’écran, et il a tapé d’un pouce : « Dis-moi où tu es. Exactement. »

« Sur le matelas. Pas de draps. Pas de vêtements. » Une pause. « Ton t-shirt gris est dans une boîte quelque part. Je ne l’ai pas cherché. »

Il l’a relu trois fois. Son corps a répondu avant qu’il ait fini la première lecture, et il l’a laissé faire, une main à plat sur son ventre, l’autre sur l’écran.

Il a dessiné une vague. Puis une autre, plus haute. Il ne pouvait pas la voir, mais il savait exactement à quel moment elle retenait son souffle : les messages s’arrêtaient.

À Toronto, Léa avait laissé le téléphone tomber sur sa poitrine. Le bourdonnement commençait tout bas, tout au fond d’elle, et s’étalait vers l’extérieur, jusqu’en haut des cuisses, jusqu’à la peau douce sous le nombril, jusqu’au creux des genoux. Elle a serré les genoux et c’était pire, et c’était mieux. Sa main libre se promenait sans lui demander la permission : son ventre, la courbe d’un sein, la clavicule, la hanche, l’endroit exact où sa main à lui aurait dû être. Elle l’a laissée là, et elle s’est accrochée.

Quand il laissait retomber la vague, elle rattrapait le téléphone. Ses messages raccourcissaient. « Là. » « Comme ça. » « Arrete pas », sans accent, elle qui corrigeait ses fautes dans les textos. Il a arrêté. Il a attendu une minute entière, à compter son silence, puis il est revenu si bas que c’était presque rien, et à l’autre bout de la 401, elle s’est tournée sur le côté et elle a mordu le bord du matelas.

« Tu fais exprès », a-t-elle écrit.

« Tu as dit minuit. »

À 23 h 41, un message vocal est arrivé. Six secondes. Il a mis un écouteur avant de l’écouter, comme si quelqu’un pouvait l’entendre dans l’appartement vide. Pas un mot. Seulement sa respiration, tout près du micro, irrégulière, et à la toute fin un petit son au fond de la gorge qu’elle n’avait jamais fait devant lui la lumière allumée. Il l’a réécouté. Une troisième fois, les yeux fermés, en bougeant le curseur sans regarder.

À 23 h 58, elle a écrit un seul mot. Il n’a pas répondu tout de suite. Il a monté le curseur jusqu’en haut, et il a compté jusqu’à minuit.

Il en était à quarante et un quand l’écouteur a cliqué : un autre message vocal. Il a appuyé. Son souffle, coincé tout en haut, retenu, retenu, puis son prénom à lui, cassé en deux au milieu, la deuxième moitié beaucoup plus forte que la première…

À 0 h 04, son téléphone a sonné. Vidéo. Il a décroché si vite qu’il a failli se l’échapper sur la figure.

L’écran était presque noir : un coin de plafond, une ampoule nue, des cheveux foncés en bataille sur le matelas rayé. Elle n’a pas tourné la caméra vers son visage. Elle ne l’a pas coupée non plus. L’image avait une demi-seconde de retard sur le son, si bien que son rire lui arrivait avant qu’il voie ses épaules trembler.

« Salut », a-t-elle dit. Elle avait la voix rauque. « J’ai encore les jambes qui tremblent. Je trouve pas le bouton pour l’éteindre. Je pense que je suis couchée dessus. »

« Tes voisins. »

« J’ai pas encore de voisins. J’ai de la peinture. » Elle a soufflé, longtemps, et il a entendu sa respiration redescendre lentement, marche par marche, comme quelqu’un qui descend un escalier dans le noir. « J’ai dit ton nom. Hein ? Sur le message. »

« En deux morceaux. »

« Mon Dieu. » Elle a tiré quelque chose sur elle ; au bruit, son chandail. « Sam. Raccroche pas tout de suite. »

Il n’a pas raccroché. Il est resté dans le noir, le téléphone sur l’oreiller de Léa, à l’écouter s’endormir à cinq cents kilomètres, et il savait maintenant d’elle une chose qu’il ignorait depuis quatre ans : qu’elle disait son prénom en deux morceaux, et qu’elle ne coupait pas la caméra. À 3 h 10, sa batterie l’a lâché.

Le lendemain matin, un courriel de Sam l’attendait, envoyé à 6 h 52, dès que son téléphone avait rechargé : « Demain soir, c’est moi qui t’envoie un lien. » Elle le relut deux fois avant de comprendre que, cette fois, le lien serait le sien.

À suivre… Chapitre 2 : c’est Léa qui prend le contrôle. Dimanche prochain.

Le chapitre 2 paraît dimanche 1 novembre. Recevez-le par courriel le matin même.


Le jouet du chapitre

Aperçu basé sur les infos du fabricant, pas un test · liens partenaires

Léa porte un Lovense Lush 4 : un œuf à porter, silencieux, que l’autre contrôle de près ou à n’importe quelle distance par un lien de contrôle. Le même lien fonctionne avec le Lush Mini, plus petit.

Lush 4

Lush 4

Pour : Elle · solo, en couple, à distance

Contrôle : Appli Lovense Remote, de près ou à distance (Control Link)

  • Plus : Se porte, mains libres
  • Plus : Étanche IPX7
  • Plus : Jusqu’à 350 min d’autonomie, recharge en 45 min
  • Moins : L’autonomie varie selon l’intensité (122 à 350 min)

Prix : voir lovense.com (il change souvent)

Lush Mini

Lush Mini

Pour : Elle · solo, en couple, à distance

Contrôle : Appli Lovense Remote, de près ou à distance

  • Plus : Format plus petit que Lush 4
  • Plus : Étanche IPX7
  • Plus : Recharge en 40 min
  • Moins : Autonomie plus courte que Lush 4 : jusqu’à 236 min

Prix : voir lovense.com (il change souvent)

Essayez ce soir

  1. Installez Lovense Remote et jumelez le jouet.
  2. Celui ou celle qui le porte envoie un lien de contrôle à l’autre.
  3. Fixez une heure de fin, comme Léa : minuit. L’attente fait la moitié du jeu.

Le scénario vient des idées de Lovense pour les couples à distance. Pour aller plus loin : nos formules pour les couples à distance et notre test du Lush 4.

Récit de fiction. Réservé aux adultes de 18 ans et plus.

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